Sous trois couches de peinture, il y a parfois une belle poutre. Sous un enduit fatigué, un mur de galets. Sous la rouille, un portail qui peut encore servir longtemps. Le sablage rend le support d’origine. Mal conduit, il le creuse, le marque ou l’arrondit : tout se joue dans le choix de la méthode.
Ce que l’on décape
Les poutres et les charpentes apparentes : lasures, vernis, peintures, traces de suie. Les murs en pierre ou en galets mis à nu à l’intérieur, une fois l’enduit retiré. Le métal : portails, garde-corps, ferronneries, mobilier de jardin. Les sols en béton, pour ouvrir le support avant une résine ou une moquette de pierre.
Le sablage sert aussi de préparation : avant une peinture, une huile ou un revêtement, il donne une surface propre et accrochante.
Sur une façade, un sablage doux ou un hydrogommage précède souvent le ravalement : on retire salissures et peintures fatiguées avant de reprendre enduits et joints. Un ravalement de façade à Valence réunit alors plusieurs métiers, le façadier pour l’enduit, le maçon pour les reprises. Ailleurs dans la Drôme, la démarche est la même, avec selon la commune et le secteur une déclaration préalable en mairie.

Sablage, aérogommage, hydrogommage
Le principe ne change pas : un abrasif projeté par de l’air comprimé. Ce qui change, c’est la pression, la finesse du grain et la présence d’eau.
Le sablage classique, à pression soutenue avec un abrasif dur, convient au métal et aux supports robustes. Avec une pression faible et un abrasif fin (poudre minérale, bicarbonate, granulat végétal), l’aérogommage ménage le bois et la pierre tendre. L’hydrogommage ajoute de l’eau pour limiter la poussière.
Les abrasifs chargés en silice cristalline, dangereux pour les poumons, laissent la place à des produits comme le corindon, le verre recyclé ou le silicate d’alumine. Et on essaie toujours sur une zone discrète avant de lancer toute la surface.
Plomb, amiante, poussière
Les vieilles peintures, surtout dans un logement d’avant 1949, renferment parfois du plomb. Projeter un abrasif sur ces peintures disperse des poussières toxiques : on fait analyser avant, et la méthode s’adapte (confinement, aspiration, protection des opérateurs, évacuation des déchets).
Certains enduits, colles ou peintures anciens contiennent de l’amiante. Bâtiment dont le permis précède juillet 1997 : repérage amiante obligatoire avant d’intervenir.
Même sans danger particulier, le sablage fait de la poussière : bâches, calfeutrage des menuiseries, protection des sols et des voisins font partie du chantier.


| Support | Méthode | Abrasif |
|---|---|---|
| Poutre, charpente | aérogommage | fin, peu agressif |
| Pierre tendre | aérogommage ou hydrogommage | très fin, basse pression |
| Galets, pierre dure | sablage modéré | minéral |
| Métal | sablage | dur : corindon, grenaille |
| Sol béton | sablage ou grenaillage | dur |
Après le décapage
Un support sablé est un support nu. Le bois se protège (huile, cire, vernis ou lasure) pour ne pas griser ni se tacher. Le métal se traite contre la rouille aussitôt, avant que l’humidité ne reprenne. La pierre et les galets se rejointoient à la chaux là où les joints sont partis avec la poussière.
Reste le nettoyage : l’abrasif usé se ramasse et s’évacue, et dans une maison habitée, la poussière fine va partout où on ne l’a pas arrêtée.
Erreurs à éviter
- Sabler une peinture ancienne sans savoir si elle contient du plomb.
- Garder la même pression pour le bois et pour le métal.
- Laisser un métal sablé sans protection.
- Oublier de calfeutrer menuiseries et prises.
- Traiter une pierre tendre comme une pierre dure.

